A l'instar de nombreuses compagnies, appelées groupe-racines, qui tentent de mobiliser des publics sur la base de la reconnaissance des valeurs culturelles positives du Vaudou, "chants d'Haïti, chants graffitis" tente et réussit le réemploi des chants et transes du vaudou dans un contexte musical moderne...

La chanteuse et comédienne Yane Mareine a mené pour cela une importante recherche sur la signification profonde et universelle de la gestuelle sacrée.

Dans l'imaginaire occidental, le nom d'Haïti est étroitement lié au vaudou avec ses possédés et ses zombies. Mauvaises lectures et non moins mauvais cinéma ont en effet offert en pâture à l'imaginaire occidental les thèmes de sorcellerie, de sacrifices humains, caricaturant les cultures noires...

Loin de tout folklore, Yane Mareine réhabilite la mémoire et la culture de cette terre noire. Le spectacle suscite une réflexion sur notre société contemporaine, dans un contexte musical résolument moderne.

Le crédo est aussi porté par la voix de l'écrivain Joseph Zobel, (auteur entre autres de Rue Case Nègres), en ouverture du spectacle.

Ces chants d'esclaves, inspirés du vaudou, proposent de rendre justice à ce peuple d'îliens, qui proclama dès le XVIIIème siècle la première république noire de l'histoire... au cours de la légendaire cérémonie du "Bois Caïman".

Ce travail sur la mémoire s'accompagne du travail sur la langue, le créole, qui comme le vaudou s'est inscrit dans l'histoire des Caraïbes comme autant de graffitis, en marge de la bonne société.